02. Une bonne nuit comme je les aime

Il y a parfois des moments où l'on se demande, mais pourquoi donc a t-on décidé d'avoir un deuxième enfant ?

Cette nuit, par exemple.
Alors qu'hier déjà, Monstrounette 1 s'était réveillée à 5h du matin, et que l'on espérait une nuit complète. Patatras.

Grosse chute du canapé le soir, qui l'a fait saigner et pleurer un petit moment, elle qui a la tête si dure. Pas mal de sang, un papa affolé mais au final, rien du tout. Étrangement, c'est dans ces moments-là que je suis mille fois plus rationnelle que lui, qui voulait aller aux urgences, appeler un médecin, que je l'emmène chez la pédiatre (à 20h, donc). En même temps, je le "sens".  Je sens que ce n'est rien, qu'il n'y a rien de grave. Alors je ne m'affole pas, je reste zen, un mur face à l'affolement et aux pleurs. Puis tout se calme. On appelle belle-mère 2 histoire de se rassurer (elle est infirmière), elle nous dit de lui donner du sucre (enfin, des granules d'homéopathie), et d'attendre. On attend, et rien.
La soirée se passe, on se couche, non sans mal, puisqu'elle nous réclame un long moment avant d'accepter d'aller au lit sans pleurer. Mais bon, pour ce soir, on reste un peu.

Et puis la mauvaise nuit qui commence.
Pour moi, c'est normal. Monstrounette 2 me défonce le ventre (littéralement), le bassin craque dans tous les sens, le dos brûle, et on ajoute à cela des remontées gastriques, qui s'étaient calmées depuis 2 semaines.
Pour monsieur, c'est.. je sais pas, une mauvaise nuit.
Je somnole. Il me semble percevoir un grognement dans mon demi-sommeil, monsieur se réveille. Monstrounette 1 a bel et bien chouiné, un peu, assez pour le (nous) réveiller pleinement.
Puis, 20min plus tard, elle pleure réellement.
On attend, mais il faut se résoudre à se lever.

Monsieur se lève. Je pense que j'ai tort de le laisser y aller, très honnêtement, car à chaque fois, elle est pleinement réveillée et on part pour 2 heures au moins d'éveil.
Sauf que moi, je peux me reposer le jour. Pas lui.
Alors, malgré toute son endurance de papa poule, il cède, et me laisse m'en occuper vers 1h20.
On lit des histoires, on nomme les animaux, l'heure tourne, crevée, j'ai froid, j'en ai marre et mes yeux me brûlent, mais je continue. J'arrive enfin à la faire retourner dans sa chambre, dans son aire de jeux. Puis dans son lit. Je fais un spectacle de marionnettes pour qu'elle y reste sans hurler. Je lui donne son livre, laisse une veilleuse, sors.
J'hésite : dormir dans la chambre, dans le salon, dans la chambre du haut ? Je n'ai pas envie de réveiller monsieur qui travaille, alors je reste dans le salon. 10 minutes plus tard, elle m'appelle.
J'y retourne. J'éteins tout cette fois-ci, et heureusement elle ne pleure pas. Alors, à l'aide de caresses, de câlins et d'Au clair de la lune chanté à peu près 89000 fois, j'arrive à l'endormir dans le noir total.
J'ai toujours fait ça, depuis qu'elle est bébé.
Y aller avec peu de lumière (aka mon téléphone), et lui parler / chanter dans le noir. J'ai toujours pu la rendormir relativement rapidement. Monsieur, lui, allume tout. Le couloir, la chambre, ...
Il n'arrive pas à faire autrement.
Je me dis donc, après avoir réussi à obtenir le silence dans la maison, qu'il faut que je m'en occupe moi, la prochaine fois.
J'essaie de me rendormir sur le canapé, mais épuisée, j'ai froid malgré les polaires. Je me résous à monter dans la chambre d'ami, au moins il y a une grosse couette.
Il est 3h02.
Je m'endors péniblement vers 4h, me réveille à 6h30.
A 7h, je redescends, j'ai trop faim pour me rendormir. Je croise monsieur, il n'a pas réussi à s'endormir malgré tout, enfin si, vers 3h, quand elle s'est endormie aussi. Puis il s'est réveillé à 4h30, un cauchemar.
Je marche au ralenti, et tout m'énerve aujourd'hui.
C'est normal, je supporte mal le manque de sommeil.
Alors je me projette : dans un mois environ, on sera repartis sur des nuits entrecoupées, des réveils nocturnes, des pleurs, des longues inspirations pour rester zen.
Je me demande pourquoi on en a  fait un deuxième, pourquoi être aussi maso.

Et puis mon téléphone s'allume, et mon fond d'écran s'affiche, et j'y vois Monstrounette 1 radieuse, et je peux entendre sa voix m'appeler maman.

Ah oui. Je me souviens, maintenant.

Tant pis.
On fera la grasse mat' dans 20 ans.




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